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Test simple avant de planifier une mare

  • Photo du rédacteur: Fabian
    Fabian
  • 16 janv.
  • 3 min de lecture
Sondage et test en eau (pré-diagnostic)

Créer une mare (ou un petit étang) peut être une bonne idée… ou échouer rapidement (fuite, assèchement, envasement).


Avant d’engager une pelle mécanique, tu peux faire un pré-diagnostic terrain très simple : un sondage/trou test, un test en eau, et une observation de la baisse de niveau.


L’objectif n’est pas de certifier un ouvrage, mais de réduire l’incertitude : est-ce qu’il y a une chance réaliste que l’eau arrive (alimentation) et reste (pertes compatibles) ?


Le dimensionnement doit tenir compte des apports, de l’évaporation, des pertes par infiltration (percolation), de la saison et de la sédimentation.


Raisonner en bilan hydrique



Décapage du sol avant de creuser le trou de sondage
Décapage du sol avant de creuser le trou de sondage

Outre son étanchéité et sa structure, une mare “tient”si, sur la période critique (souvent l’été), les apports compensent les pertes :

  • Apports : pluie directe, ruissellement, arrivée d’une source/fossé, nappe (selon les cas)

  • Pertes : évaporation + pertes vers le sol (infiltration/percolation/percolation)


Mon test ne fait pas “tout le bilan”, mais il cible une incertitude majeure : les pertes vers le sol et l'apport en eau (+ la présence d’une couche favorable type argile) - voir la conclusion et la vidéo en bas de l'article


Le protocole “sondage + test en eau” (pré-diagnostic)



Remplissage du trou et exutoire
Remplissage du trou et exutoire

Étape 1 | Faire un sondage (trou de test)

Tu creuses un trou/sondage à l’endroit pressenti (ou sur l’emprise probable), pour observer :

  • la profondeur du sol

  • les horizons (texture, cailloux, sable/limons/argiles)

  • la présence d’une couche argileuse/compacte potentiellement étanche

Attention il faudra aussi réaliser un sondage pédologique pour choisir un secteur avec argile, car l’argile est un facteur clé d’étanchéité naturelle, si du moins il n'est pas prévu de bâche.


Étape 2 | Mettre en eau et observer la baisse du niveau

Tu mets le trou en eau (ou tu profites d’une arrivée d’eau), et tu observes la vitesse de baisse du niveau.

Remplir d’eau et surveiller les minutes, heures ou jours suivants, en se rappelant que l’évaporation peut contribuer à la baisse. Ici, nous sommes en automne donc l'évaporation est négligeable.

Comme nous avons un apport d'eau permanent même en été, l'approvisionnement n'est pas un sujet.

Étape 3 — Multiplier les points

Le sol est hétérogène : un bon point ne garantit pas toute l’emprise. L’approche prudente consiste à faire plusieurs sondages sur la zone future.


Comment interpréter ce qu'on voit ?



Sondage parallèle où je teste l'infiltration et l'alimentation secondaire. Ensuite, je bouche cette rigole et je regarde en combien de temps ça change
Sondage parallèle où je teste l'infiltration et l'alimentation secondaire. Ensuite, je bouche cette rigole et je regarde en combien de temps ça change

Ce que le test peut indiquer

  • Baisse très rapide : probable perméabilité élevée (sables, graviers, fissures, drains, horizons très filtrants). Risque de mare non pérenne sans traitement (compaction, apport d’argile, autre solution). La sélection d’un site trop perméable est une cause fréquente de pertes.

  • Baisse qui ralentit : possible rencontre d’un horizon moins perméable ce qui est notre cas ici (argileux/compact), ou saturation progressive qui réduit le flux. Mais attention : ce n’est pas une “preuve” d’étanchéité à l’échelle mare.


Ce que le test ne peut PAS conclure à lui seul

  • Séparer proprement évaporation vs infiltration/percolation : une baisse de niveau est un signal mixte. Les standards de conception demandent explicitement de tenir compte des pertes par évaporation et percolation dans les calculs de volume et de fonctionnement.

  • Extrapoler un “20 cm puis arrêt” : sans mesures (temps/niveaux) et sans coupe de sol décrite, c’est une hypothèse locale.


Quelles étapes après le pré-test ?


1. Suivi de niveau sur période sèche (si possible)

Installer une référence simple (règle graduée/repère) et suivre le niveau sur une période représentative.

2. Si les pertes sont problématiques : envisager l'option d'étanchéité

On crée une couche de sol sélectionné (souvent riche en argiles fines), posée en épaisseur suffisante et compactée méthodiquement pour limiter au maximum les circulations d’eau à travers le fond et les berges.

Ou bien, une bâche.

3. Intégrer la sédimentation dans le design

Même si la mare tient, l’envasement peut la faire perdre en volume utile et en qualité d’eau. Il faut à terme intégrer la sédimentation dans le dimensionnement.

4. Vérifier les contraintes environnementales/réglementaires

Avant l'application technique vient la règle (à vérifier auparavant) : éviter la création en zone humide, bien contextualiser l’implantation, vérifier qu'il faut ou non un permis, s'assurer du plan de secteur etc.


Pour conclure


Ceci est un pré-diagnostic à l’échelle d’un grand terrain, avant d’aller vers des analyses plus approfondies et un design complet (implantation mares/chemins/plantations, etc.).

Idéalement, on multiplie les sondages sur la zone de la future emprise. Donc ici je ne “prouve” pas l’étanchéité : j’observe un comportement et j’estime un ordre de grandeur.


Cette vidéo court résume l'idée de manière illustrée :


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